[Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
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[Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
Hello,
Un petit topic sur les plantes comestibles. On va voir que c'est pas toujours simple et sortir un peu des sentiers battus
Je viens de passer quelques jours dans une petite forêt sur une colline de Haute Provence. C'est très sec (massif karstique, l'eau s'infiltre entièrement dans le sous-sol), chaud en été et froid en hiver, et le sol fait à peine quelques centimètres d'épaisseur, voir juste du caillou dans beaucoup d'endroits. La biodiversité (faune et flore) est assez restreinte à cause de ces conditions.
Juste pour le fun, je me suis demandé si un jour je venais à me retrouver dans un endroit pareil sans nourriture, de quoi pourrais-je bien me nourrir ?
Et bien, de pas grand chose... Des fois il faut se faire une raison, l'amarante, le chénopode, le pourpier, la mauve ou le plantain ne poussent malheureusement pas partout.
J'ai donc mis en branle mes quelques neurones disponibles pour avoir quand même quelque chose à vous raconter.
Pour l'eau, plus importante que la nourriture, tous les cours d'eau sont secs, été comme hiver, même cette année qui a été particulièrement pluvieuse. J'ai trouvé seulement deux points d'eau (assez proches, genre 500 m), en sillonnant une zone de plusieurs centaines d'hectares. Habituellement j'essaie de décrypter la topologie du terrain pour trouver de l'eau (cf. Yeomans), dans les zones convexes, les fonds de vallée ou sinon selon le type de végétation. Là, de manière complètement inattendue, les deux mares se trouvaient sur une crête complètement sèche et venteuse, au milieu d'un sentier GR ! De l'argile, que je n'avais pas observée ailleurs, retenait très bien l'eau et les mares étaient assez grandes pour que l'évaporation ne les assèchent pas. Bon je me suis pas amusé à la boire, mais ça aurait été intéressant de voir si tous les animaux du coin se retrouvent ici pour boire un coup la nuit.
Je reviens à la nourriture.
La forêt est composée à 95% de chênes sessiles. Mais ce n'est pas la saison des glands... Et le chêne sessile ne produit que des glands amers. Pour les consommer, il faut les cuire à plusieurs eaux, donc c'est rapé à cause du manque d'eau. Je pourrais être tenté de jouer le dur et de les manger comme ça, mais les tanins sont toxiques quand on en prend en quantité. Si je m'installais là pour longtemps, j'aurais pu les enterrer à l'automne pour les ressortir mangeables au bout de quelques mois, comme le faisaient les amérindiens, mais peu de chances que je survive jusque-là. (J'ai pas encore tenté cette technique, c'est sur ma todo liste de cet automne).
Aux côtés des chênes, quelques rares aubépines, qui portent de rares cenelles pas mûres. Des alisiers sans alises... (délicieux petits fruits rouges, surtout quand ils ont séché sur pied). Rien non plus du côté des quelques amélanchiers rencontrés, qui sont connus pour faire beaucoup de fleurs et très peu de fruits (bons mais tout petits).
En dernier recours, quelques graminées poussent sous les chênes, mais sans graines. J'ai lu qu'on pouvait mâcher les feuilles des herbes, en recrachant les fibres non digestes qu'elles contiennent en majorité. Pour me nourrir, il faudrait que j'en passe un kilo, impossible tellement c'est coriace. Je comprends pourquoi les ruminants passent leur temps à ruminer...
En réfléchissant bien, il y a quand même quelques plantes qui pourraient participer à un "repas" :
De nombreux genévriers forment des buissons denses sous le couvert des chênes, et certains sont couverts de petites baies bleues. Habituellement, on recrache celles qui sont utilisées pour aromatiser la choucroute, mais elles sont quand même mangeables et même sucrées. Les désagréments, c'est que beaucoup ont des petits trous de vers (arhg, des zombies ok mais pas des vers !!) et leurs petites graines se coincent entre les dents. Rien d'insurmontable, contrairement aux aiguilles qui piquent et grattent : je vous défie d'en ramasser une grande quantité sans gants épais !
Par-ci par-là, quelques pousses de gesse (légumineuse avec de belles fleurs rose-violette et une tige plate bizarroïde, attention les graines de certaines espèces de ce genre sont potentiellement toxiques, bien qu'elles aient déjà été consommées par l'homme, source : François Couplan).
Au détour d'un chemin, un coup de chance, je tombe sur un roncier où je me mets un petite ventrée de mûres, ça fait plaisir.
Enfin, dans quelques clairières, je tombe plusieurs fois sur des plantes desséchées qui me disent quelque chose. Il me semble avoir lu dans un bouquin de Pierre Lieutaghi que ce sont des asphodèles. Elles ont des tubercules qui se mangent... peut-être... Je crois me souvenir qu'elles contiennent peut-être aussi une substance toxique... je ne sais plus. En plus, c'est la première fois que je vois la plante (ou plutôt ce qu'il en reste) en vrai.
Je creuse avec un bout de bois pour voir s'il y a bien des tubercules. Pas facile avec mon outil rudimentaire, le sol est dur comme de la pierre. Bingo ! Les tubercules semblent un peu coriaces mais ils sont bien là. Je récolte trois pieds, pour les ramener à la maison et les tester après vérification. Je fais bien attention de ne prendre que quelques tubercules autour de chaque pied, sans les arracher, pour ne pas les tuer, car je n'en ai pas vu beaucoup dans le coin. Voilà la récolte :
Pour seulement trois pieds partiellement récoltés, dans un environnement aussi difficile, je suis plutôt satisfait, il y a environs 500 g. Ca peut faire deux petits repas.
Une fois rentré à la maison, je vérifie, il n'y a aucune toxicité. Ma méfiance m'a joué un tour, mais je préfère ça plutôt que les désagréments parfois importants en cas d'erreur.
Je découvre que l'asphodèle est une espèce protégée... heureusement que je n'ai pas déterré complètement les pieds !
J'en épluche quelques-uns, une odeur légèrement épicée se dégage. Puis cuisson de 30 minutes à l'eau et hop, simplement avec un peu de beurre pour voir le goût que ça a :
Ils ont changé de couleur pendant la cuisson, et l'eau de cuisson est aussi très colorée. Je suis agréablement surpris. Sans être de la gastronomie, les petits sont assez bons. Les plus gros sont encore fermes et légèrement amers au centre, j'aurais peut-être dû les couper ou les cuire plus longtemps ou à deux eaux. Ils irritent légèrement la gorge, moins que la racine d'onagre, mais doivent contenir une substance similaire. Ils sont bien moins fibreux et coriaces que je pensais, alors qu'ils trainent à la maison depuis deux jours. Il reste un peu de fibres à la fin, juste pour chipoter :
Voilà, désolé de ne pas avoir illustré les plantes citées avec des photos, mais je n'avais pas mon appareil pendant les balades.
a+ pour de nouvelles aventures (et n'hésitez pas à me dire si je suis trop verbeux ou hors-charte )
Un petit topic sur les plantes comestibles. On va voir que c'est pas toujours simple et sortir un peu des sentiers battus
Je viens de passer quelques jours dans une petite forêt sur une colline de Haute Provence. C'est très sec (massif karstique, l'eau s'infiltre entièrement dans le sous-sol), chaud en été et froid en hiver, et le sol fait à peine quelques centimètres d'épaisseur, voir juste du caillou dans beaucoup d'endroits. La biodiversité (faune et flore) est assez restreinte à cause de ces conditions.
Juste pour le fun, je me suis demandé si un jour je venais à me retrouver dans un endroit pareil sans nourriture, de quoi pourrais-je bien me nourrir ?
Et bien, de pas grand chose... Des fois il faut se faire une raison, l'amarante, le chénopode, le pourpier, la mauve ou le plantain ne poussent malheureusement pas partout.
J'ai donc mis en branle mes quelques neurones disponibles pour avoir quand même quelque chose à vous raconter.
Pour l'eau, plus importante que la nourriture, tous les cours d'eau sont secs, été comme hiver, même cette année qui a été particulièrement pluvieuse. J'ai trouvé seulement deux points d'eau (assez proches, genre 500 m), en sillonnant une zone de plusieurs centaines d'hectares. Habituellement j'essaie de décrypter la topologie du terrain pour trouver de l'eau (cf. Yeomans), dans les zones convexes, les fonds de vallée ou sinon selon le type de végétation. Là, de manière complètement inattendue, les deux mares se trouvaient sur une crête complètement sèche et venteuse, au milieu d'un sentier GR ! De l'argile, que je n'avais pas observée ailleurs, retenait très bien l'eau et les mares étaient assez grandes pour que l'évaporation ne les assèchent pas. Bon je me suis pas amusé à la boire, mais ça aurait été intéressant de voir si tous les animaux du coin se retrouvent ici pour boire un coup la nuit.
Je reviens à la nourriture.
La forêt est composée à 95% de chênes sessiles. Mais ce n'est pas la saison des glands... Et le chêne sessile ne produit que des glands amers. Pour les consommer, il faut les cuire à plusieurs eaux, donc c'est rapé à cause du manque d'eau. Je pourrais être tenté de jouer le dur et de les manger comme ça, mais les tanins sont toxiques quand on en prend en quantité. Si je m'installais là pour longtemps, j'aurais pu les enterrer à l'automne pour les ressortir mangeables au bout de quelques mois, comme le faisaient les amérindiens, mais peu de chances que je survive jusque-là. (J'ai pas encore tenté cette technique, c'est sur ma todo liste de cet automne).
Aux côtés des chênes, quelques rares aubépines, qui portent de rares cenelles pas mûres. Des alisiers sans alises... (délicieux petits fruits rouges, surtout quand ils ont séché sur pied). Rien non plus du côté des quelques amélanchiers rencontrés, qui sont connus pour faire beaucoup de fleurs et très peu de fruits (bons mais tout petits).
En dernier recours, quelques graminées poussent sous les chênes, mais sans graines. J'ai lu qu'on pouvait mâcher les feuilles des herbes, en recrachant les fibres non digestes qu'elles contiennent en majorité. Pour me nourrir, il faudrait que j'en passe un kilo, impossible tellement c'est coriace. Je comprends pourquoi les ruminants passent leur temps à ruminer...
En réfléchissant bien, il y a quand même quelques plantes qui pourraient participer à un "repas" :
De nombreux genévriers forment des buissons denses sous le couvert des chênes, et certains sont couverts de petites baies bleues. Habituellement, on recrache celles qui sont utilisées pour aromatiser la choucroute, mais elles sont quand même mangeables et même sucrées. Les désagréments, c'est que beaucoup ont des petits trous de vers (arhg, des zombies ok mais pas des vers !!) et leurs petites graines se coincent entre les dents. Rien d'insurmontable, contrairement aux aiguilles qui piquent et grattent : je vous défie d'en ramasser une grande quantité sans gants épais !
Par-ci par-là, quelques pousses de gesse (légumineuse avec de belles fleurs rose-violette et une tige plate bizarroïde, attention les graines de certaines espèces de ce genre sont potentiellement toxiques, bien qu'elles aient déjà été consommées par l'homme, source : François Couplan).
Au détour d'un chemin, un coup de chance, je tombe sur un roncier où je me mets un petite ventrée de mûres, ça fait plaisir.
Enfin, dans quelques clairières, je tombe plusieurs fois sur des plantes desséchées qui me disent quelque chose. Il me semble avoir lu dans un bouquin de Pierre Lieutaghi que ce sont des asphodèles. Elles ont des tubercules qui se mangent... peut-être... Je crois me souvenir qu'elles contiennent peut-être aussi une substance toxique... je ne sais plus. En plus, c'est la première fois que je vois la plante (ou plutôt ce qu'il en reste) en vrai.
Je creuse avec un bout de bois pour voir s'il y a bien des tubercules. Pas facile avec mon outil rudimentaire, le sol est dur comme de la pierre. Bingo ! Les tubercules semblent un peu coriaces mais ils sont bien là. Je récolte trois pieds, pour les ramener à la maison et les tester après vérification. Je fais bien attention de ne prendre que quelques tubercules autour de chaque pied, sans les arracher, pour ne pas les tuer, car je n'en ai pas vu beaucoup dans le coin. Voilà la récolte :
Pour seulement trois pieds partiellement récoltés, dans un environnement aussi difficile, je suis plutôt satisfait, il y a environs 500 g. Ca peut faire deux petits repas.
Une fois rentré à la maison, je vérifie, il n'y a aucune toxicité. Ma méfiance m'a joué un tour, mais je préfère ça plutôt que les désagréments parfois importants en cas d'erreur.
Je découvre que l'asphodèle est une espèce protégée... heureusement que je n'ai pas déterré complètement les pieds !
J'en épluche quelques-uns, une odeur légèrement épicée se dégage. Puis cuisson de 30 minutes à l'eau et hop, simplement avec un peu de beurre pour voir le goût que ça a :
Ils ont changé de couleur pendant la cuisson, et l'eau de cuisson est aussi très colorée. Je suis agréablement surpris. Sans être de la gastronomie, les petits sont assez bons. Les plus gros sont encore fermes et légèrement amers au centre, j'aurais peut-être dû les couper ou les cuire plus longtemps ou à deux eaux. Ils irritent légèrement la gorge, moins que la racine d'onagre, mais doivent contenir une substance similaire. Ils sont bien moins fibreux et coriaces que je pensais, alors qu'ils trainent à la maison depuis deux jours. Il reste un peu de fibres à la fin, juste pour chipoter :
Voilà, désolé de ne pas avoir illustré les plantes citées avec des photos, mais je n'avais pas mon appareil pendant les balades.
a+ pour de nouvelles aventures (et n'hésitez pas à me dire si je suis trop verbeux ou hors-charte )
Dernière édition par Willou le Sam 9 Aoû 2014 - 2:47, édité 1 fois
Willou- Membre Premium
- Nombre de messages : 123
Date d'inscription : 24/07/2014
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
(c'est moi ou servimg.com est régulièrement HS ?)
Willou- Membre Premium
- Nombre de messages : 123
Date d'inscription : 24/07/2014
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
Salut !
J'ai déplacé dans la zone ad hoc.
Merci pour le retex, j'ai découvert l'asphodèle et la comestibilité du tubercule avec ton post ! Je serais curieux de connaître les kcal/100g (amidon ou inuline ?), et s'il y a des désagréments gastriques; 500g de topinambours seraient un feu d'artifice pour les tripes....
Tu n'es pas le seul a avoir rencontré ce problème durant les dernières 24h. La plupart du temps, en vidant le cache du navigateur, cela revient à la normal.
J'ai déplacé dans la zone ad hoc.
Merci pour le retex, j'ai découvert l'asphodèle et la comestibilité du tubercule avec ton post ! Je serais curieux de connaître les kcal/100g (amidon ou inuline ?), et s'il y a des désagréments gastriques; 500g de topinambours seraient un feu d'artifice pour les tripes....
Willou a écrit:(c'est moi ou servimg.com est régulièrement HS ?)
Tu n'es pas le seul a avoir rencontré ce problème durant les dernières 24h. La plupart du temps, en vidant le cache du navigateur, cela revient à la normal.
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L'expérience est une lumière qui n'éclaire que ceux qu'elle a déjà brûlés. Cédric Dassas
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tarsonis- Administrateur
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Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
Dans des zones comme ça, il est intéressant de trouver les lieux où des humains et le bétail vivent ou ont vécu.
Il y a presque toujours à proximité un point d'eau, premier intérêt. Sauf si l'eau était obtenue par une citerne et qu'elle est détruite.
S'il reste un toît sur la maison/ la grange, ça peut faire un lieu où s'abriter : second intérêt.
Troisième intérêt : eau + sol enrichi par la présence de l'homme (cendres, déchets organiques, le pot de chambre des hommes et le fumier des animaux) -> davantage de plantes comestibles (des plantes rudérales notamment), avec des espèces qu'on ne trouve pas sur les sols plus secs et plus pauvres. On risque de trouver ortie, chénopode blanc ou bon henri, mouron des oiseaux, etc. Dans les pelouses ou prairies alentours on risque de trouver davantage de plantes comestibles, et plus grosses qu'ailleurs : achillée, plantain, berce. Parfois aussi d'anciens arbres ou arbustes fruitiers : ce qui ressemble à un taillis touffu peut être un ancien jardin. Les abords de chemins, sentiers et drailles peuvent également s'avérer intéressants, en particulier si la zone est un peu humide (ombre, creux...). Enfin, les zones retournées récemment sont intéressantes.
C'est d'ailleurs là qu'on voit qu'assez souvent, les plantes "sauvages" comestibles ne sont pas si sauvages que ça car elles poussent en partie comme résultat de l'action de l'homme : abords des maisons, des chemins, terre retournée...
Il y a presque toujours à proximité un point d'eau, premier intérêt. Sauf si l'eau était obtenue par une citerne et qu'elle est détruite.
S'il reste un toît sur la maison/ la grange, ça peut faire un lieu où s'abriter : second intérêt.
Troisième intérêt : eau + sol enrichi par la présence de l'homme (cendres, déchets organiques, le pot de chambre des hommes et le fumier des animaux) -> davantage de plantes comestibles (des plantes rudérales notamment), avec des espèces qu'on ne trouve pas sur les sols plus secs et plus pauvres. On risque de trouver ortie, chénopode blanc ou bon henri, mouron des oiseaux, etc. Dans les pelouses ou prairies alentours on risque de trouver davantage de plantes comestibles, et plus grosses qu'ailleurs : achillée, plantain, berce. Parfois aussi d'anciens arbres ou arbustes fruitiers : ce qui ressemble à un taillis touffu peut être un ancien jardin. Les abords de chemins, sentiers et drailles peuvent également s'avérer intéressants, en particulier si la zone est un peu humide (ombre, creux...). Enfin, les zones retournées récemment sont intéressantes.
C'est d'ailleurs là qu'on voit qu'assez souvent, les plantes "sauvages" comestibles ne sont pas si sauvages que ça car elles poussent en partie comme résultat de l'action de l'homme : abords des maisons, des chemins, terre retournée...
Barnabé- Membre Premium
- Nombre de messages : 5313
Localisation : Massif Central
Date d'inscription : 28/04/2008
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
Willou a écrit:
De nombreux genévriers forment des buissons denses sous le couvert des chênes, et certains sont couverts de petites baies bleues. Habituellement, on recrache celles qui sont utilisées pour aromatiser la choucroute, mais elles sont quand même mangeables et même sucrées. Les désagréments, c'est que beaucoup ont des petits trous de vers (arhg, des zombies ok mais pas des vers !!) et leurs petites graines se coincent entre les dents. Rien d'insurmontable, contrairement aux aiguilles qui piquent et grattent : je vous défie d'en ramasser une grande quantité sans gants épais !
Si, si,
Un parapluie, (ou une chemise/ drap étaler sous le genévrier), un baton de marche en bois d'arbre....tu gaules, ainsi les baies sans te piquer
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- Nombre de messages : 2299
Date d'inscription : 13/11/2010
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
Salut tout le monde,
Merci pour vos commentaires
En plus, depuis que j'ai lu "Vivre en pleine nature" de François Couplan, je prends souvent un parapluie sur moi en rando, ça surprend beaucoup les gens haha
Barnabé : Je m'étais fixé comme contrainte de trouver à manger là où je me trouvais, mais en cas de réel problème je suis complètement d'accord avec toi, ce sont d'excellents conseils.
Tarsonis : Les racines d'asphodèle semblent avoir été utilisées dans le temps pour faire de la colle car elles sont riches en amidon, ce que je confirme à la texture dans la bouche. L'inuline a un goût facilement reconnaissable, genre asperges, artichauts et topinambours, je ne l'ai pas retrouvé dans les tubercules de l'asphodèle.
J'ai rien trouvé sur la concentration exacte en amidon, mais toujours à la texture, je dirai qu'elle dépend de l'âge de la racine : celles de l'année semblent les plus riches en amidon et peu fibreuses, et plus elles sont vieilles, plus la proportion de fibres augmente.
Je n'ai pas eu de désagréments gastriques, mais j'ai les intestins assez solides, ça dépend aussi pas mal des gens et de leurs habitudes alimentaires (la flore bactérienne a certainement quelque chose à voir là-dedans).
D'après Plants for a Future (source, qui se base sur un bouquin sur les plantes médicinales d'Europe), l'asphodèle blanc contiendrait de l'asphodéline, un alcaloïde qui la rendrait toxique. Je n'ai trouvé aucune autre source qui confirmerait cette info. François Couplan ne note pas de toxicité. Si réellement présent, l'alcaloïde est soit non-toxique, soit en quantités négligeables (pour les paranos je précise que de nombreux légumes contiennent aussi des alcaloïdes plus ou moins toxiques ).
Une intoxication sur le long terme aurait été détectée lors des périodes de disette, comme ce fut le cas avec le lathyrisme quand les gens mangeaient trop de graines de gesse.
Dans tous les cas, quand on a le choix, il est plus sage d'éviter de baser son régime alimentaire sur un seul type d'aliment.
Merci pour vos commentaires
Bonne idée, of course ! Je testerai la prochaine foisSemper a écrit:Un parapluie, (ou une chemise/ drap étaler sous le genévrier), un baton de marche en bois d'arbre....tu gaules, ainsi les baies sans te piquer
En plus, depuis que j'ai lu "Vivre en pleine nature" de François Couplan, je prends souvent un parapluie sur moi en rando, ça surprend beaucoup les gens haha
Barnabé : Je m'étais fixé comme contrainte de trouver à manger là où je me trouvais, mais en cas de réel problème je suis complètement d'accord avec toi, ce sont d'excellents conseils.
Tarsonis : Les racines d'asphodèle semblent avoir été utilisées dans le temps pour faire de la colle car elles sont riches en amidon, ce que je confirme à la texture dans la bouche. L'inuline a un goût facilement reconnaissable, genre asperges, artichauts et topinambours, je ne l'ai pas retrouvé dans les tubercules de l'asphodèle.
J'ai rien trouvé sur la concentration exacte en amidon, mais toujours à la texture, je dirai qu'elle dépend de l'âge de la racine : celles de l'année semblent les plus riches en amidon et peu fibreuses, et plus elles sont vieilles, plus la proportion de fibres augmente.
Je n'ai pas eu de désagréments gastriques, mais j'ai les intestins assez solides, ça dépend aussi pas mal des gens et de leurs habitudes alimentaires (la flore bactérienne a certainement quelque chose à voir là-dedans).
D'après Plants for a Future (source, qui se base sur un bouquin sur les plantes médicinales d'Europe), l'asphodèle blanc contiendrait de l'asphodéline, un alcaloïde qui la rendrait toxique. Je n'ai trouvé aucune autre source qui confirmerait cette info. François Couplan ne note pas de toxicité. Si réellement présent, l'alcaloïde est soit non-toxique, soit en quantités négligeables (pour les paranos je précise que de nombreux légumes contiennent aussi des alcaloïdes plus ou moins toxiques ).
Une intoxication sur le long terme aurait été détectée lors des périodes de disette, comme ce fut le cas avec le lathyrisme quand les gens mangeaient trop de graines de gesse.
Dans tous les cas, quand on a le choix, il est plus sage d'éviter de baser son régime alimentaire sur un seul type d'aliment.
Willou- Membre Premium
- Nombre de messages : 123
Date d'inscription : 24/07/2014
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
très intéréssant ton retex, merci pour le partage.
je ne connaissais pas non plus l'asphodèle, bien qu'en ayant déjà croisée (sans les identifier).
d'après Garrigue Gourmande, cette plante (asphodèle ramifiée)
est en effet répertoriée dans la catégorie "plantes comestibles" :
je ne connaissais pas non plus l'asphodèle, bien qu'en ayant déjà croisée (sans les identifier).
d'après Garrigue Gourmande, cette plante (asphodèle ramifiée)
est en effet répertoriée dans la catégorie "plantes comestibles" :
Utilisation en cuisine : Tous les asphodèles sont comestibles
Graines : comme condiment oléagineux à la façon des graines du pavot
Racines : cuites à l'eau ou sous la cendre
Jeunes pousses et grappes de fleurs : à la manière des asperges
Tige :
Récolte : Fleurs : mai
Graines : mi-juin - mi-juillet
Jeunes fruits : mai
Jeunes tiges : mars
Racines : en automne quand la plante est fanée, de préférence après une période pluvieuse
Jeunes pousses
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- Nombre de messages : 2559
Date d'inscription : 09/04/2009
Re: [Retex] Se nourrir dans un endroit où il n'y a rien à manger... semble-t-il
La catégorie "plantes comestibles" n'existe pas vraiment...
Concrètement, c'est plutôt "certaines parties de certaines plantes sont comestibles en certaines quantités avec une certaine préparation"
Concrètement, c'est plutôt "certaines parties de certaines plantes sont comestibles en certaines quantités avec une certaine préparation"
Willou- Membre Premium
- Nombre de messages : 123
Date d'inscription : 24/07/2014
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